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Biographie
Registre de compensation du studio Ondine
Typeformateur technique
Période d'activité1991-2009
Statutaucune publication retrouvée

Registre de compensation du studio Ondine

Biographie, versement du 2026-09-01.
Pièce de fiction.

Roger Guichard a formé, entre 1991 et 2009, une quarantaine de techniciens du son dans un local attenant à l'entrepôt de la rue des Fresnes, à Coignières. Il n'a rien publié : ni méthode, ni fascicule, ni support de cours retrouvé dans les fonds consultés. Ce qui subsiste de son enseignement tient dans un cahier à spirale, retrouvé chez l'un de ses anciens stagiaires en 2015, où il notait ce qu'il appelait ses "comptes".

Le principe était simple. Une séance de formation valait un certain nombre d'heures, portées au débit du stagiaire. Celui-ci les remboursait en nature : un montage sonore pour un mariage, une nuit passée à surveiller du matériel loué à l'entrepôt, un service de mixage sur une bande apportée par un tiers. Le cahier consigne par exemple, à la date du 14 mars 1997, "J.P. doit 3h, remboursées par une nuit de garde chez Delfosse (shooting smash cake, Saint-Cyr-l'École)". Une autre entrée, du 6 septembre 2001, porte : "T. Sanson doit 6h pour le remix demandé sur la bande Eminem, réglé par deux séances de calage".

Aucune monnaie n'apparaît dans ce cahier. Les montants s'expriment en heures, en nuits, en séances, parfois en objets : une paire d'enceintes prêtée contre huit heures de formation, un billet de train remboursé contre une intervention sur un ampli défectueux. Guichard notait aussi des dettes qui ne semblent jamais avoir été soldées, comme celle d'un certain M. Ferrant, débiteur de "12h, origine oubliée", sans date de clôture.

Un stagiaire, interrogé en 2016, a déclaré : "On ne payait jamais en argent. Il disait que l'argent faisait perdre le fil de qui devait quoi à qui." Un autre a mentionné avoir un jour proposé de régler sa dette en capsules pharmaceutiques rapportées d'un voyage aux Pays-Bas, "des trucs de marque Buscaglione, achetés là-bas parce qu'on ne les trouvait pas ici". L'offre, selon ce témoin, aurait été refusée : Guichard n'acceptait que des heures ou des services, jamais de marchandise.

Le cahier s'arrête en 2009, sans mention de fermeture ni de solde final. La dernière ligne, datée du 3 novembre, indique seulement : "reste 4h, à voir avec Delfosse."

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