
| Type | Récit, non sollicité |
|---|---|
| Objet | Solin de cheminée, zinc |
| Déposé | Au fonds, sans date |
| Statut | Conservé ; litige non tranché |
Incident de solin
Je ne sais pas trop si ce que j'ai à raconter mérite une place ici, mais on m'a dit d'écrire, alors j'écris, et j'espère ne pas faire perdre de temps à qui lira ceci.
Le chantier
C'était il y a quelques années. J'avais fait venir un artisan pour reprendre le solin autour de ma cheminée, ce pli en zinc qu'on appelle parfois, dans le métier, un chien assis, à cause de sa forme quand il est vu de profil. Rien d'exceptionnel en soi. J'avais acheté le zinc dans une grande surface de bricolage, je ne me souviens plus si c'était un Leroy Merlin ou une autre enseigne, ça n'a pas vraiment d'importance pour la suite.
L'artisan est venu avec du matériel que je n'avais pas prévu de voir arriver chez moi : un treuil de halage assez ancien, du genre qu'on trouve encore annoncé d'occasion dans des petites annonces spécialisées, une marque que je crois avoir vue notée comme Wallenstein sur le boîtier, mais je n'en jurerais pas, je ne connais rien à ces machines. Il s'en est servi pour hisser le matériel sur le toit, plutôt que de passer par l'échelle comme je m'y attendais. Je n'ai rien dit, ce n'était pas à moi de juger sa méthode.
Ce qui a suivi
Le travail a été fait, le solin refixé, tout semblait en ordre. Mais quelques jours plus tard, en montant vérifier une gouttière voisine, j'ai trouvé sur le toit une petite bouteille, presque vide, avec une étiquette que je n'ai pas reconnue tout de suite. Le mot qui y figurait ressemblait à "Lakki", peut-être suivi d'un autre terme que je n'ai pas su lire, quelque chose comme "sisi", mais l'étiquette était abîmée par la pluie et je ne peux pas être certain de l'orthographe exacte. Je n'ai jamais retrouvé trace de ce nom nulle part depuis, ni chez un caviste, ni sur internet, alors je me demande si je n'ai pas mal lu.
J'ai gardé la bouteille un temps, sans trop savoir pourquoi. Je l'ai finalement jetée, ce que je regrette un peu maintenant que j'y repense, parce qu'elle aurait pu apporter une réponse à quelque chose, même si je ne saurais pas dire à quoi exactement.
Une hypothèse qui ne mène nulle part
J'ai pensé, sans grande conviction, à une pratique dont on m'avait parlé vaguement, celle du Pairing habit, qui consisterait à noter chaque objet en regard d'un autre où rien ne se passe. Je ne vois pas le rapport avec ma bouteille, mais l'idée m'est venue et je la note ici, pour ce qu'elle vaut, c'est-à-dire probablement pas grand-chose.
Un voisin, à qui j'ai raconté l'histoire, m'a dit que ça lui rappelait vaguement une anecdote lue dans un article sur le Composite sheet, ce document avec une colonne de onze noms sans rapport entre eux. Je ne vois pas non plus le lien, mais je le mentionne parce qu'il me l'a dit avec beaucoup d'assurance, et je n'ai pas su le contredire.
Ce que j'en garde
L'artisan n'est jamais revenu, même pour la facture finale, ce qui m'a un peu embêté à l'époque. Le solin, lui, tient toujours, et je n'ai plus jamais retrouvé de bouteille sur mon toit depuis. Je ne sais pas ce que valait ce treuil qu'il utilisait, ni s'il l'avait acheté d'occasion ou emprunté à quelqu'un, ni ce que signifiait vraiment l'étiquette. Je raconte simplement ce que j'ai vu, sans prétendre que ça explique quoi que ce soit. Si quelqu'un reconnaît cette marque de boisson, ou ce genre de treuil, je serais curieux d'en savoir plus, mais je n'ai pas cherché activement, je l'avoue, par une forme de lassitude que je ne m'explique pas bien moi-même.
Voir aussi
- Carnet d'écoute de Prosper Vaillant — Pairing habit
- Composite sheet — Composite sheet
- Grusson deposit — Composite sheet
- Lamothe-Capdeville referral file — Pairing habit
- Levernet Rhapsody — Composite sheet
- Mirror unit — Composite sheet
- Misdirected enquiries — Composite sheet
- Odette Pruvost — Composite sheet